Interprétation des valeurs de laboratoire chez les personnes transgenres

Le nombre de personnes transgenres et de genres divers dans le système de santé augmente rapidement. De plus en plus de patient·es utilisent une hormonothérapie d’affirmation du genre (GAHT). Différents tests de laboratoire sont influencés par les hormones sexuelles ou par des caractéristiques corporelles déterminées pendant la puberté.
Le laboratoire rapporte des valeurs de référence binaires et spécifiques au sexe, ce qui peut entraîner :
- des interprétations erronées des résultats,
- des inquiétudes inutiles (« faux signaux d’alerte »),
- et des soins sous-optimaux.
Il n’existe cependant actuellement aucune valeur de référence spécifique aux personnes transgenres.
Valeurs de référence après le début de la GAHT
Environ trois mois après le début de l’hormonothérapie, des changements dans la composition corporelle et les valeurs de laboratoire deviennent visibles.
- Utilisez les valeurs de référence du genre affirmé pour les tests influencés par les hormones sexuelles (p. ex. hémoglobine, créatinine).
- Utilisez les valeurs de référence selon le sexe assigné à la naissance pour les paramètres dépendant de la taille d’un organe (p. ex. PSA) ou de la présence de certains organes (sein, col de l’utérus, prostate).
- Pour les personnes non binaires, l’interprétation est plus complexe : les résultats se situent souvent entre les valeurs masculines et féminines. L’interprétation doit être adaptée au dosage hormonal et aux changements physiques.
Une interprétation correcte des valeurs de laboratoire chez les personnes transgenres nécessite une attention particulière au profil hormonal et aux changements corporels.
La semaine prochaine, nous présenterons chaque jour un cas différent afin d’illustrer l’interprétation des valeurs de laboratoire chez les personnes transgenres.
Références importantes
- Cheung A. et al. J Clin Endocrinol Metab 2021;106:893–901
- Defreyne J. et al. Andrology 2018;6:446–454
- Van Eeghen S. et al. CJASN 2023
- De Nie I. et al. J Clin Endocrinol Metab 2020;105(9)
