Mpox – La situation épidémiologique en Belgique nécessite une vigilance accrue

Au cours des trois premiers mois de 2026, 31 cas de mpox ont été rapportés en Belgique (Flandre 7, Bruxelles 19, Wallonie 5), soit une augmentation par rapport à l’année précédente. Par ailleurs, les données épidémiologiques indiquent pour la première fois une transmission autochtone du clade Ib en Belgique, ce qui rend une vigilance accrue nécessaire. Dans cet article, vous trouverez un aperçu des principales caractéristiques du mpox, avec un focus sur la vaccination, le prélèvement et le diagnostic.
Mpox
Le mpox (anciennement appelé variole du singe) est une maladie virale causée par le virus mpox. Ce virus est étroitement apparenté au virus de la variole, actif jusqu’aux années 1970. Il existe deux variantes (ou « clades ») du mpox :
- La variante d’Afrique centrale (Clade I), avec comme sous-variant plus contagieux le Clade Ib
- La variante d’Afrique de l’Ouest (Clade II)
Symptômes
Les premiers symptômes du mpox apparaissent généralement 5 à 21 jours après l’infection et débutent souvent par des symptômes pseudo-grippaux (fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, fatigue et adénopathies importantes et douloureuses). En général, 1 à 3 jours après le début de la fièvre, une éruption cutanée apparaît (papules, taches rouges, vésicules ou pustules). Celle-ci apparaît souvent au site d’infection, notamment autour de l’anus, sur les organes génitaux ou dans la bouche. Elle peut également être présente dans des zones moins visibles, comme la cavité buccale ou le rectum.
Attention : il arrive que la maladie se limite à une seule lésion ou que l’éruption apparaisse sans fièvre ni symptômes pseudo-grippaux préalables.

Transmission et isolement
Le mpox est une zoonose qui peut également se transmettre d’homme à homme, principalement par contact étroit :
- Contact prolongé peau à peau et contact sexuel avec une personne présentant des lésions cutanées
- Contact avec des fluides corporels ou de la salive
- Par gouttelettes respiratoires (moins efficace)
- Théoriquement via des objets contaminés (p. ex. vêtements, literie)
La transmission survient surtout en présence de lésions visibles, mais peut également avoir lieu avant leur apparition. Les personnes ayant de multiples partenaires sexuels (notamment les MSM) présentent un risque accru. Le mpox n’est pas une IST classique, car la transmission ne se fait pas uniquement par voie sexuelle.
Tous les cas probables et confirmés doivent être notifiés aux services régionaux d’inspection sanitaire afin de permettre la recherche de la source et le traçage des contacts. Pour les cas confirmés (PCR positive), cette notification est effectuée par le laboratoire médical.
Les cas doivent rester en isolement strict dès le début des symptômes jusqu’à la guérison complète des lésions cutanées. La chute des croûtes marque la fin de la contagiosité, ce qui peut prendre jusqu’à 21 jours.
Chez les patients avec PCR positive sans lésions, l’isolement est systématiquement de 21 jours à partir du jour du prélèvement/test positif.
Vaccination
Un vaccin est disponible, initialement développé contre la variole, mais offrant également une protection contre le mpox. Selon le Conseil Supérieur de la Santé (mise à jour du 26/03/2026), la vaccination est recommandée pour les groupes à risque :
- Prophylaxie pré-exposition (PrEP) : personnes ayant des partenaires sexuels multiples (notamment MSM, personnes transgenres, travailleurs du sexe) et voyageurs à haut risque d’exposition
- Prophylaxie post-exposition (PEP) : contacts étroits de cas confirmés, probables ou suspectés et groupes vulnérables (immunodéprimés, femmes enceintes, enfants)
Traitement
Il n’existe pas de traitement spécifique du mpox ; la prise en charge est symptomatique (douleur, fièvre, prurit). La plupart des patients guérissent en quelques semaines. L’hospitalisation est rare (principalement pour le contrôle de la douleur). Des cicatrices peuvent persister après la guérison.
Diagnostic
La détection du virus mpox se fait par PCR en temps réel au centre national de référence (CNR) pour le mpox (Institut de Médecine Tropicale). En cas de résultat positif, un typage du clade est réalisé.
Prélèvement
Le diagnostic du mpox peut être réalisé à partir de différents types d’échantillons, selon la présentation clinique. En présence de lésions, une PCR sur écouvillon de lésion est la plus fiable ; un seul prélèvement est généralement suffisant. En cas de présentation atypique ou de faible charge virale suspectée, un prélèvement supplémentaire d’un autre site peut être utile.
Prélèvements en cas de lésions :
- Écouvillon de lésion (de préférence sur plusieurs lésions, sites/aspects différents)
- Chez les MSM : associer un écouvillon anorectal
Autres prélèvements selon les symptômes :
- Lésions muqueuses (p. ex. buccales)
- Écouvillon anorectal en cas de symptômes anaux
- Salive/écouvillon pharyngé en cas d’amygdalite
- Urine/écouvillon urétral en cas d’urétrite
Points d’attention
Prélèvement
- Utiliser des équipements de protection individuelle (surblouse, gants, masque FFP2, protection oculaire), en particulier si vous n’avez jamais été vacciné contre la variole.
- Utiliser un écouvillon eSwab.
- Identifier l’échantillon avec les données du patient et procéder à un triple emballage (échantillon avec papier absorbant dans un sachet plastique hermétique, lui-même placé dans un second sachet hermétique ; les deux doivent être désinfectés extérieurement).
Formulaire de demande
- Joindre le formulaire standard dans un sachet plastique séparé.
- Utiliser également le formulaire spécifique du CNR et compléter les données cliniques.
Communication avec le laboratoire
- Informer le laboratoire par téléphone à l’avance, y compris de l’heure d’envoi (collecte du matin, midi ou soir).
- Remettre l’échantillon séparément au coursier lors de l’enlèvement.
Attention : analyses complémentaires :
- Il n’est pas possible de réaliser d’autres analyses sur le même eSwab.
- Si des analyses supplémentaires sont souhaitées (p. ex. PCR HSV), un second écouvillon eSwab est nécessaire, également à emballer séparément en triple emballage. Ces analyses ne seront effectuées qu’après un résultat négatif de la PCR mpox.
Sources
Departement Zorg: https://www.departementzorg.be/nl/infectieziekte/mpo
ITG https://www.itg.be/nl/clinics/service/mpox
Hoge Gezondheidsraad https://www.hgr-css.be/nl/advies/9900/belgische-vaccinatiestrategie-tegen-mpox-herziening-2026
Health Belgium https://www.health.belgium.be/nl/organisatie-beleid/regelgeving-beleidsdocumenten/mpox-klinische-richtlijnen-zorgprofessionals
Health Belgium https://www.health.belgium.be/sites/default/files/media/files/2025-11/info_hcw_nl_update_24092024_1.pdf
